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Présentation: ANR Franco-allemande MOPRACS

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Modèles, pratiques et cultures scolaires en Afrique de l’Ouest Francophone

Depuis une vingtaine d’années, avec notamment la mise en œuvre des programmes d’Education pour Tous (EPT), l’enseignement est devenu une priorité internationale impliquant une grande variété d’acteurs. Les politiques publiques d’éducation déployées à la suite des conférences internationales de Jomtien (1990) et de Dakar (2000) ont principalement porté sur le renforcement de l’accès à l’éducation dans le souci de garantir la qualité des services délivrés.

Depuis les années 2000, l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et le renforcement des mécanismes de régulation de l’aide publique au développement (Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, OCDE, 2005) ont vu l’imbrication croissante des politiques éducatives dans les programmes d’aide au développement. Ceci constitue un changement de paradigme majeur dans la production et l’énonciation de politiques publiques qu’il convient d’interroger. Les modalités d’inscription des politiques d’éducation dans l’industrie de l’aide internationale ont de ce fait significativement changé. Elles se traduisent par une forme inédite de sectorisation des conditionnalités qui englobent à la fois l’agenda éducatif (ses priorités, le champ de ses réformes), la nature des relations entre les différents acteurs impliqués et enfin les formes de régulation et de pilotage caractérisées par l’hégémonie des procédures bureaucratiques et des normes quantifiables. La réalité éducative des pays ouest-africains est cependant loin d’être aussi homogène que les politiques éducatives internationales ne le laissent apparaître. Le projet vise précisément à mettre en évidence les facteurs et les variables permettant d’expliquer la diversité des situations et des pratiques éducatives observées. C’est pourquoi il adopte un angle comparatiste et pluridisciplinaire (socio-anthropologie, science politique, sociologie) à travers l’étude de deux pays : le Bénin et le Sénégal.

Alors que les modèles éducatifs relèvent de processus globaux, les acteurs chargés de les mettre en œuvre (tout comme l’espace de leur mise en acte - l’école) sont insérés dans des réseaux locaux et sont animés par des stratégies individuelles largement déterminées par l’espace social et politique dans lequel ils évoluent. L’école comme institution apparaît alors comme un lieu privilégié pour observer et comprendre les mutations des Etats africains et analyser leur fonctionnement concret. Celui-ci se donne à lire à travers les échanges et les transactions entre les différentes catégories d’acteurs impliqués d’un bout à l’autre de la chaîne éducative (prescripteurs, opérateurs, agents, usagers). L’école joue un rôle central dans la structuration des sociétés africaines, à la fois comme instrument de domination et de légitimation du pouvoir, mais aussi comme outil de différenciation sociale. Les stratégies mises en œuvre par les acteurs sociaux (parents, élèves, enseignants, syndicats, cadres intermédiaires, etc.) redéfinissent en permanence les rapports avec l’institution. Ce sont précisément ces processus constants de négociations, d’adhésions, d’accommodements voire de transgressions qui façonnent et définissent le fait scolaire, propre à chaque pays. Ce programme ANR se décline selon deux axes et s’articule avec le programme de recherche de la région Aquitaine sur la géopolitique de l’école (GEOPOLA). Depuis son démarrage en avril 2012, ce programme a donné lieu à de nombreuses activités scientifiques, publications et communications de la part des membres de l’équipe.

Résolument pluridisciplinaire, le programme se situe à la croisée de la socio-anthropologie et de la sociologie du fait scolaire, des interventions internationales et de l’Etat en Afrique. Il émane de l’étroite collaboration et de synergies entre l’Institut für Ethnologie und Afrikastudien de l’Université Johannes Gutenberg de Mayence (IFEAS) et le laboratoire Les Afriques dans le monde (LAM) de l’IEP Bordeaux. Ces deux laboratoires ont joué un rôle moteur dans le développement des savoirs scientifiques sur le thème de l’Etat et l’éducation en Afrique au cours des dernières années (notamment le projet « States at Work »). Le programme doit s’achever en mars 2015.

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