Luc-Yaovi KOUASSI - Doctorant.e.s

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Luc-Yaovi KOUASSI

Doctorant en sciences politiques (EDSP2) Thèse : Une « nouvelle génération » d’entrepreneurs africains au Cameroun et au Nigeria. Témoins des transformations des rapports entre champs politique et économique ? – Dir. Caroline Duffy et Jean-Philippe BerrouMots-clés : Champs, Autonomie, Entrepreneuriat, Cameroun, Nigeria, Economie politique

Biographie

Après des études en droit et science politique (Nice-Sophia-Antipolis) et en histoire (Paris IV), je me suis orienté vers les études africaines en intégrant le Master science politique de Paris I. L’obtention d’un contrat de recherche financé par l’AFD m’a permis, au cours de la seconde année, de mener une enquête sociologique auprès des bénéficiaires du Programme d’entrepreneuriat panafricain Tony Elumelu en Côte d’Ivoire, au Cameroun et au Nigeria. La thèse constitue un prolongement et un approfondissement de ce travail entamé en Master.

Thème de recherche

Version française

Depuis les années 2000, l’entrepreneuriat et la figure de l’entrepreneur font, sur le continent africain entre autres, l’objet d’une attention renouvelée de la part des organisations internationales de l’aide au développement, des ONG et des Etats africains et européens. Dans un contexte de pénurie d’emplois et de forte croissance démographique, la rhétorique pro-entrepreneuriale – qui s’inscrit dans les transformations contemporaines du capitalisme – conduit à faire de l’entrepreneur un moyen endogène de développement, en remplacement de l’aide au développement et, de manière particulièrement intéressante, de l’Etat. Or les sciences sociales africanistes ont décrit, dès les années 1990, les rapports entre champs (ou sphères) politique et économique selon un schéma de confusion, voire de forte dépendance du champ économique vis-à-vis du champ politique. Le champ économique serait ainsi marqué par des logiques qui lui seraient étrangères. A rebours d’une conception strictement économique de l’entrepreneur, cette recherche s’intéresse à un groupe social en construction (les entrepreneurs africains) qui est au centre de discours de la part d’acteurs variés, mais surtout de dispositifs concrets censés faire émerger une force prétendument capable de tenir la promesse du « développement » et de « l’émergence », précisément là où l’aide au développement et les Etats nationaux auraient failli. Il s’agira donc de contribuer à redessiner, à partir des trajectoires d’accumulation de ces entrepreneurs, les rapports entre champs économique et politique au Cameroun et au Nigeria.

English version

Since the 2000s, entrepreneurship and entrepreneurs in Africa have been increasingly incorporated in the discourses and the practices of international development agencies, NGOs and African and European states. In a context of shortage of jobs and strong population growth, this pro-entrepreneurship rhetoric – linked to the contemporary transformations of global capitalism – leads to conceptualize entrepreneurs as endogenous means for development, in place of development aid and states. Yet, during the 1990s, African studies qualified relationships between the economic and political fields (or spheres) as confused ; in other words, the economic field was heavily dependent on the political field. As a result, the economic field would be characterized by extraneous logics. Reverse of a strictly economic definition of entrepreneurs, this research focuses on a social group under construction (African entrepreneurs) at the center of discourses of various actors, but also of programs supposed to make a force allegedly capable of keeping the promise of ‘‘development’’ and ‘‘emergence’’, precisely where development aid and national states would have failed. Based on the pathways of accumulation of these entrepreneurs, this research will therefore help to redraw the relationships between economic and political fields in Cameroon and Nigeria.

 

Travaux académiques

  • 2019 : Petits entrepreneurs du Cameroun et de Côte d’Ivoire. Pouvoir et itinéraires d’accumulation à l’heure néolibérale, sous la direction de Marie-Emmanuelle Pommerolle, mémoire de Master 2 Science politique parcours Etudes africaines, Paris I Panthéon-Sorbonne, 189 p.
  • 2017 : Les journalistes au travail. Production médiatique de la crise centrafricaine (2013-14), sous la direction de Florence Brisset-Foucault, dossier de recherche de Master 1 Science politique spécialité Etudes africaines, Paris I Panthéon-Sorbonne, 69 p.

 

Rapports

  • 2020 : Agabo Terhemen et Kouassi Luc-Yaovi, « Research Report. Supporting Entrepreneurship in Africa », IFRA-Nigeria, Ibadan, 52 p.

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