Emmanuelle DAVID est lauréate du prix de thèse de l’Association Française de Science Politique (AFSP) et de la Fondation Mattei Dogan

Emmanuelle DAVID est lauréate du prix de thèse de l’Association Française de Science Politique (AFSP) et de la Fondation Mattei Dogan

Grâce à l’appui financier de la Fondation Mattei Dogan, l’Association Française de Science Politique décerne depuis 2007 plusieurs prix visant à récompenser les auteur(e)s des travaux les plus prometteurs en science politique francophone. Ces prix sont remis, tous les deux ans, lors des congrès nationaux de l’AFSP.

Parmi les lauréat.e.s des quatre prix de thèse de doctorat en science politique pour l’année 2024 figure Emmanuelle DAVID. Les prix ont été remis lors du 17e Congrès national de Grenoble, le 2 juillet 2024.
(En savoir plus sur la participation de LAM au congrès 2024 >)

Emmanuelle David a soutenu en mars 2023 à Sciences Po Bordeaux (LAM) et à l’Université de Lausanne (CRAPUL) une thèse en science politique sous la direction d’Yves Déloye et de Mounia Bennani-Chraïbi, intitulée « Une prime à l’engagement. Prescrire le féminisme dans le travail artistique au Maroc ». Le jury était composé d’Assia Boutaleb, Leyla Dakhli, Sophie Duchesne, Karim Hammou, Romain Lecler et Éléonore Lépinard.

Emmanuelle David a été ATER à Sciences Po Bordeaux et a enseigné en tant que guest scholar à l’Université Bordeaux Montaigne. Elle a récemment coordonné avec Éléonore Lépinard un dossier de la revue Raisons Politiques intitulé « Produire les “bons” et les “mauvais” sujets du féminisme » à paraitre à l’automne 2024. Depuis février 2024, elle est chercheuse postdocto-
rale au sein de la Chaire d’excellence diasporas africaines et transculturalités (DiANA T.) de l’Université Bordeaux Montaigne. (En savoir plus sur Emmanuelle David >)

Cette recherche discute avec la sociologie de l’engagement politique en questionnant l’appropriation des idées féministes dans les mondes de l’art contemporain. Elle propose une thèse forte mettant en évidence une prime à l’engagement, définie comme un ensemble d’incitations matérielles ou symboliques à la démonstration d’un engagement, qui s’appuie notamment sur un aspect racialisé invitant les plasticiennes à dénoncer un supposé « patriarcat arabe ».
La thèse met en avant la diversité des acteurs qui participent à cette prescription : directrices de centres d’art à but non lucratifs financés par des fonds internationaux, institutions monarchiques promouvant un féminisme d’État, médias occidentaux et organismes de coopération ancrés dans le gender mainstreaming. Elle interroge plus largement la compatibilité des formes d’engagement avec des logiques autres que celles des mondes militants, en particulier avec des mondes du travail néolibéralisés, hiérarchisés, ancrés dans les rapports Nord/Sud et structurés par des rapports sociaux. L’enquête de terrain, menée entre 2016 et 2019, combine les méthodes : archives, observations, bases de données quantitatives originales, et 104 entretiens semi directifs dans les mondes de l’art et les mondes militants. Ancrée dans la sociologie de l’engagement politique par l’art, la théorie féministe et la sociologie des rapports Nord/Sud, cette thèse participe au renouvellement des approches de l’engagement politique dans les mondes du travail et éclaire la diffusion des idées féministes dans différents champs sociaux.