Projet scientifique


Résumé du projet

Depuis sa création en 2011, l’unité de recherche Les Afriques dans le monde (LAM) a pour objectif de constituer un centre multidisciplinaire et comparatiste d’analyse du politique dans les Afriques et les espaces transocéaniques dessinés par les sociétés issues de la traite.


Tutelles et directions

LAM est une Unité mixte de recherche du CNRS (section 40 du Comité national) et de Sciences Po Bordeaux.
En 2020, l’Université Bordeaux Montaigne est devenue tutelle additionnelle du laboratoire.
En 2020, LAM est devenue une unité associée de l’IRD.
En 2022, l’Université de Bordeaux est devenue tutelle secondaire du laboratoire.

Le laboratoire LAM a été dirigé par René Otayek (2011-2012), Céline Thiriot (2012-2017), Dominique Darbon (2018-2021), et par David Ambrosetti  depuis le 01/09/2021.
Karine Bassoulet en est l’administratrice.

Projet scientifique

Les travaux des chercheurs et chercheuses de LAM s’inscrivent dans les grands débats scientifiques et testent des hypothèses et des concepts généraux et généralisables, par le biais du comparatisme, à partir des Afriques.

Les Afriques sont comprises en tant qu’Afrique subsaharienne, nord-africaine, et par extension moyen-orientale, et mondes transatlantiques issus de la traite africaine, parmi lesquels plus spécifiquement la Caraïbe.

Avec son ancrage disciplinaire, comparatif et pluridisciplinaire, LAM œuvre à la création d’une plateforme commune d’interprétation comparée des mutations des Afriques et des Suds sur le pôle aquitain, en partenariat avec les universités, collectivités territoriales et acteurs scientifiques privés et publics européens et africains.

En 2022, LAM compte 26 chercheurs/chercheuses, une cinquantaine de doctorants / doctorantes, une centaine de chercheurs/chercheuses associé.e.s, travaillant en lien avec les différents axes du projet scientifique.


Axes du projet

  • Axe 1 — État, régulations et contestations dans les Afriques

    La relation à l’État reste une problématique clé, comme l’illustrent des phénomènes aussi diversifiés que les larges mobilisations contestant les pouvoirs en place (Algérie, Éthiopie, Mali, Soudan…), la persistance des violences et contestations armées de l’autorité étatique dans l’espace sahélien, le renforcement de politiques publiques étatiques bénéficiant de nouveaux leviers internes et externes, les batailles sociétales de définition du droit et des normes, les mécanismes d’intégration régionale et internationale, autant d’aspects couverts dans ce projet de recherche.

  • Axe 2 — Espaces, (im)mobilités, diasporas

    Le deuxième axe interroge une dimension essentielle dans le rapport des sociétés africaines au monde : la relation à l’espace, à la mobilité et l’immobilité. Nous proposons de porter un regard croisé sur des circulations, des mobilités désirées, effectuées ou contrariées, qui ensemble dessinent de nouvelles spatialités : celles de l’enfermement et des camps, mais aussi celles plus routinières des approvisionnements alimentaires entre rural et urbain, également la mobilité politique qu’induisent les diasporas africaines et les échelles de citoyenneté qu’elles bâtissent « ici » et « là-bas », enfin la mobilité comme pratique de consommation et marqueur d’une mobilité socio-économique en cours, sans oublier de considérer les circulations proprement juridiques et normatives.

  • Axe 3 — Imaginaires, arts, subjectivités

    Dans un troisième axe, nous explorons les relations à l’imaginaire et aux subjectivités qui se donnent à voir dans des espaces de création artistique et des industries culturelles en expansion constante, qui confirment la vitalité d’un continent jeune où les problématiques politiques de citoyenneté et d’identité empruntent les voies (et les voix) les plus diverses. Les imaginaires et subjectivités politiques seront également dévoilés dans le rapport à la mémoire individuelle et collective, à ses supports, ses archives biographiques, ses territoires de l’écrit et de l’oral, qui rappellent l’exigence d’une réflexion méthodologique et épistémologique sur les matériaux utilisés par les sciences sociales en général et la recherche historiographique en particulier.

  • Axe 4 —Marchés et entrepreneuriats en Afriques

    Un quatrième axe permettra, grâce à des travaux de sociologie économique et d’économie politique, de mieux saisir les modalités sociales et politiques de construction des marchés et des entrepreneuriats en Afriques, que ce soit dans l’espace informel urbain, dans le monde agricole, dans le secteur des technologies numériques, où des marchés se constituent, s’adossent à d’autres marchés (le foncier jouant ici un rôle crucial), se branchent à des routes marchandes globalisées, se nourrissent des interventions et régulations de l’État ainsi que d’acteurs étatiques et privés étrangers. Les marchés en mutation révèlent également les liens entre consommation et nouvelles stratifications sociales, interrogeant cette fois sous l’angle des classes sociales en formation les formes de citoyenneté et les relations à l’État évoquées ailleurs dans ce projet.
  • Axe 5 — Risques sanitaires, crises agraires et défis environnementaux

    Un cinquième et dernier axe se penche sur les crises sanitaires et agro-environnementales dont les effets sur le continent africain sont les plus sensibles. La pandémie actuelle, Covid 19, doit être considérée dans ses manifestations épidémiologiques, sociales et sur ses impacts sur la santé globale en Afrique, aux côtés d’autres risques majeurs comme la santé sexuelle et reproductive. Questionnant l’oncologie, la télémédecine porte l’espoir d’une réduction des inégalités de santé et des retards de diagnostic. Les bouleversements environnementaux frappent également de plein fouet les ressources agraires déjà précaires dans plusieurs régions du continent, menaçant la sécurité alimentaire la plus élémentaire des populations affectées, multipliant les risques de conflits politiques violents, une situation qui gagne à être comparée à celle que connaît région du Moyen-Orient.