Projet « Villes et systèmes alimentaires durables (VISA) »

Le projet « Villes et systèmes alimentaires durables (VISA) : marché urbain, maraîchage, agroécologie et labels au Cameroun » a obtenu un financement de la Région Nouvelle-Aquitaine.
Ce projet est porté par Sylvain Racaud, maître de conférences en géographie à l’Université Bordeaux Montaigne, rattaché au laboratoire LAM.

Résumé du projet

Les préoccupations alimentaires urbaines convergent vers les enjeux de durabilité. Les systèmes alimentaires urbains peuvent jouer un rôle majeur dans l’amélioration de l’alimentation et de la nutrition. 

L’agroécologie se conjugue récemment avec les enjeux de sécurité alimentaire, la durabilité des environnements apparait comme complémentaire la durabilité nutritionnelle.  On observe une reconnaissance institutionnelle au plus haut niveau (e.g. FAO) du rôle des villes en tant qu’acteurs majeurs de l’alimentation. Le pacte de Milan, signé par plus de 200 grandes villes à travers le monde, dont Bordeaux et Douala, acte un engagement à construire des systèmes alimentaires territoriaux durables. Une demande croissante de produits alimentaires de qualité, en particulier issus de l’agriculture dite «naturelle » se développe. La qualité peut être garantie par des labels mais ils sont très peu développés en Afrique. Au Cameroun, l’agriculture biologique ou agroécologique souffre d’une reconnaissance institutionnelle insuffisante et d’un manque de structuration entre les différents acteurs.

Dans ce contexte, les objectifs de ce projet de recherche-action interdisciplinaire sont d’analyser la place et le fonctionnement de la filière maraichère dans le système alimentaire du territoire métropolitain de Douala, ainsi que les impacts et les perspectives métropolitaines d’une démarche qualité pour la filière « maraichage agroécologique ». Plus spécifiquement, VISA ambitionne de 1) Analyser le système alimentaire métropolitain à l’échelle des filières maraichères en caractérisant les politiques publiques, le cadre réglementaire, la gouvernance ; la production agricole ; la commercialisation et la distribution ; la consommation et les dynamiques de comportements alimentaires urbains, 2) Cartographier (via SIG) les éléments principaux des filières maraichères métropolitaines, 3) Analyser les impacts de la structuration de la filière maraichère via la démarche qualité SPG – innovations techniques et sociales – à l’échelle du département de la Ménoua (zone de production maraichère majeure) et les perspectives de développement à l’échelle métropolitaine de Douala, 4) Former des étudiants niveau master sur les démarches qualité en agriculture et sur des politiques alimentaires durables, 5) Contribuer au développement de capacités en favorisant le partage de connaissances et d’expériences autour de stratégies alimentaires durables et de valorisations de filières via des pratiques de labellisation.

VISA propose l’hypothèse selon laquelle d’une part le modèle de consommation alimentaire urbain détermine le profil du système alimentaire et la place des cultures camerounaises dont les produits maraichers et d’autre part, que les normes urbaines du bien manger intègrent la qualité alimentaire labelisée ; l’alimentation urbaine – de la production agricole aux pratiques alimentaires et aux politiques publiques – peut être un moteur de développement territorial durable.