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Table ronde et atelier – La Grande muraille verte, dispositif total et objet interdisciplinaire

10 mai 2023 / 9h30 17h00

En présentiel, cet événement est réservé aux membres invités.

Le lien de la visio-conférence via ZOOM sera communiqué ultérieurement.

La table ronde est co-organisée par : LAM, Center for Global Studies de l’Université internationale de Rabat et labellisée par le programme IPORA.

La coordination est assurée par :

Yousra Abourabi, Professeure associée à l’Université internationale de Rabat (Institut d’études politiques de Rabat, Center for Global Studies), associée à LAM;
– et Jean-Noel Ferrie, Directeur de recherche au CNRS / LAM.

Programme de la journée :

Première session : La Grande muraille verte dispositif total | 9 h 45 – 11 h 00

Deuxième session : La Grande muraille verte en débat | 11 h 15 – 12 h 30

Atelier : la Grande muraille verte et l’interdisciplinarité | 14 h 30 – 17 h 00

Le projet de Grande Muraille Verte

Le projet de Grande Muraille Verte est un projet ambitieux qui occupe une place particulière dans le paysage politique africain : il ne s’agit pas d’un projet formulé par à l’extérieur de l’Afrique ou d’une réponse à un principe de conditionnalité émis par un bailleur, il s’agit d’une idée et d’une initiative multilatérale africaine portée par les 11 Etats sahélo-sahariens concernés. L’Agence Panafricaine pour la Grande Muraille Verte (APGMV) a été créée par ces mêmes Etats afin de superviser les politiques de chacun d’eux et d’œuvrer à leur convergence.

| La Grande muraille verte : une politique publique internationale

La Grande Muraille Verte est une politique publique internationale, dans la mesure où elle concerne un ensemble d’Etats. Elle a donné lieu à une résolution de l’UA. La convention la créant a été enregistrée par l’ONU et par l’OUA. Elle bénéficie d’une administration installée à Nouakchott. Elle a signé des accords d’accompagnement impliquant la BAD, la FAO et le PNUD

Cinq agences autonomes créées à l’intérieur de cinq Etat prennent en charge les actions nationales. Dans chaque pays, se déploient une multitude d’actions locales concernant des écosystèmes distincts liée à des communautés spécifiques. En plus du niveau régional, il existe ainsi un niveau national et un niveau local. Se pose alors la question de la convergence des politiques poursuivies dans les trois différents niveaux. Le risque dans ce type de situations à multiples intervenants et niveaux d’intervention est d’aboutir à une action publique éclatée.

A ces aspects concernant les dispositifs s’ajoute la question des objets même de la politique publique en question : il s’agit d’un milieu naturel, d’écosystèmes, de climat, d’élevage, d’activités agricoles, c’est-à-dire d’un ensemble d’objets ayant des cadres et des définitions différentes, même si les choses et les êtres considérés sont les mêmes : un arbre, une vache, la pluie, un éleveur, des nuages, du sable … Pour parler le vocabulaire de Bruno Latour et de Michel Callon, il s’agit de collections d’humains et de non-humain s’articulant en réseaux denses et complexes.

| L’impact d’une politique publique sur les humains et les non-humains

Si l’on prend les choses de ce point de vue, une des questions qui peut se poser est de savoir comment des arrangements institutionnels se transforment en impact effectif sur des humains et des non-humains dans leur domaine naturel.

Une politique publique poursuit, en effet, deux buts simultanés : modifier une situation, autrement dit l’améliorer, et susciter l’assentiment des citoyens. A priori, ces deux buts sont liés, la réussite du premier entraînant celle du second, mais il peut en être autrement. Le premier but peut ne pas être atteint et le second peut l’être, la mise en œuvre du premier étant en elle-même productrice d’assentiment. L’inverse est également possible : une politique peut atteindre le but qu’elle poursuit sans que les citoyens s’en rendent véritablement compte. On remarquera que, dans le premier comme dans le second cas, la perception des citoyens est distincte de l’effectivité de l’accomplissement de la politique publique concernée. Ces deux cas de figure montrent que juger de la réussite ou de l’échec d’une politique publique n’est pas chose aisée. C’est d’ailleurs pour cela que l’évaluation des politiques publiques est devenue un véritable champ d’activités et de recherches. Pour ceux qui les initient et les conduisent comme pour ceux qui les analysent, les politiques publiques demeurent équivoques quant à leurs effets.

C’est l’une des caractéristiques des politiques environnementales : les effets sont souvent loin des réalisations demandées pour y parvenir. Ils ne sont pas facilement constatables et sont soumis à des jeux d’interprétations. Que signifie, en effet, pour une personne ordinaire, un objectif comme la réduction de l’empreinte carbone ? Il faut mettre en scène l’autorité du discours scientifique pour que cette empreinte devienne, non pas un objet d’inquiétude pour tout un chacun, mais simplement un problème public crédible.

Ce caractère difficilement palpable de certaines politiques publiques, cette difficulté à les rendre évidentes, pose le problème de leur soutenabilité. Dans la mesure où elles ont un coût et nécessitent des efforts, elles doivent apparaître crédibles pour être conduites efficacement – c’est-à-dire échapper aux demi-mesures – comme pour être poursuivies. Les politiques publiques sont, en effet, soumises aux attentes et aux jugements des parties prenantes comme, plus largement, des citoyens. Sans leur soutien ou, au moins, leur neutralité, elles ne peuvent exister. Il leur faut donc convaincre. Elles ont besoin de « supporters ». Se pose ainsi clairement la question de ce qui es convaincant dans une politique dont les effets sont reportés dans le futur ou envisagés seulement par rapport à ce que le futur pourrait être, si on ne les mettait pas en œuvre dans le présent.

| Objet de la table ronde

La table ronde se propose de présenter les multiples dimensions d’engagement de la Grande muraille verte comme de faire le point sur sa dynamique actuelle. Nous nous proposons d’insister sur le fait qu’il s’agit d’un objet « bon à penser » par son caractère holiste. Il permet, en effet, d’interroger simultanément plusieurs types de mécanismes et plusieurs niveaux de réalité. L’idée est de lancer, par cette table ronde, une réflexion collective sur cette thématique comme objet de recherche pour notre communauté, incorporant les dimensions interdisciplinaire de son approche. La table ronde se tiendra en synergie avec le programme IPORA et en partenariat avec l’Université internationale de Rabat.

Informations pratiques

  • Date : 10 mai 2023 de 9h30 à 17h
  • Lieu : Sciences Po Bordeaux, salle Touchard. En présentiel, cet événement est réservé aux membres invités.
  • Information visioconférence à venir