LAM accueille Denis BANSHIMIYUBUSA du 15/06 au 12/07/2022

Denis BANSHIMIYUBUSA est invité par la Fondation Maison des Sciences de l’Homme dans le cadre de son programme « Directeurs d’Etudes Associés » (DEA) 2022.

Chargé de cours à l’Université du Burundi à Bujumbura depuis 2019, il est venu faire des recherches sur la thématique suivante : « De la transition démocratique espérée à la transitologie « réussie » au Burundi. La gestion du pouvoir politique par le CNDD-FDD de 2005 à 2020 ».

Pouvez-vous expliquer vos thématiques de recherche ?

D’une manière générale, j’étudie les processus de démocratisation en Afrique, la (bonne) gouvernance, et l’Etat de droit, avec une spécialisation sur les domaines intéressant les partis politiques et les processus électoraux.

Malgré les processus de démocratisation amorcés par les pays africains, ces derniers restent toujours dans des régimes non démocratiques de type autoritaire et/ou hybrides. Les grandes questions qui reviennent ont pour but d’en comprendre les raisons.

Souvent, ces pays ont des partis politiques non institutionnalisés et n’arrivent pas à organiser de véritables processus électoraux sincères. Alors dans mes recherches, je me demande pourquoi ces partis politiques ne sont pas institutionnalisés ? Et Pourquoi le multipartisme n’est pas fonctionnel ?

Les réponses qui se dessinent sont le fait que les leaders ont été socialisés aux pratiques de l’autoritarisme marqué par le culte du chef, le patrimonialisme, le clientélisme, la corruption tant durant la colonisation qu’après la colonisation.

Pourquoi travailler sur ces thématiques ?

Ma thèse soutenue en décembre 2018 s’intitulait : « Les enjeux et défis de la démocratisation au Burundi. Essai d’analyses et d’interprétations à partir des partis politiques ». (disponible en ligne)

Donc je m’intéresse depuis longtemps aux problématiques politiques de mon pays le Burundi.
Ces questions sont d’un intérêt important car les peuples africains ont besoin d’améliorer leur gouvernance afin d’accéder à un mode de vie acceptable. Pour moi, ces analyses sont une manière de contribuer à faire avancer le mode de gouvernance des pays africains. Selon moi, ces recherches peuvent amener les citoyens à comprendre leur situation, provoquer une sorte de prise de conscience pour finalement les amener à réclamer leurs droits.

Les étudiants à qui je donne ces cours sont très conscients qu’étudier la science politique est décisif pour changer le système, les modes de gouvernement.

Pourquoi avoir choisi LAM pour votre séjour de recherche ?

Je suis un ancien doctorant de l’UPPA (Université de Pau et des pays de l’Adour) qui est rattaché à LAM. Le Pr Christian Thibon était mon directeur de recherche, et le Pr Julien Nimubona mon co-directeur à l’université du Burundi.

Depuis 2018, je n’étais pas encore revenu en France et c’est un très grand plaisir de retrouver ce laboratoire qui m’a aidé à faire ma thèse. Choisir LAM est une opportunité pour retrouver certains professeurs comme Christian Thibon, Dominique Darbon, Céline Thiriot, notamment. C’est aussi une manière d’exprimer ma profonde gratitude pour tout ce monde qui m’a bien soutenu lors de mon cheminement en thèse.

Je garde de bons souvenirs de mes séjours à Pau et à Bordeaux. J’ai apprécié la bibliothèque qui regorge de riches ouvrages sur l’Afrique. Les outils en ligne sont très développés ce qui permet d’accéder facilement à des articles et livres. Je vais également pouvoir mener des entretiens avec des scientifiques spécialisés sur l’Afrique et la région des Grands Lacs en particulier. Globalement, les conditions de travail sont meilleures pour mener mes recherches et rédiger cet article en vue d’une publication dans des revues scientifiques.

Interview réalisée en juin 2022